Une maman qui prend soin d'elle. Qui aime écrire, lire et faire de la musique.

jeudi 2 août 2018

Ballade en vélo



Monsieur Minibulle adore le vélo et ce n’est pas un euphémisme. Quand il dit qu’il « adore » le vélo c’est style qu’il pense vélo, qu’il dort vélo, qu’il mange vélo, qu’il s’habille vélo et qu’il a été vacciné par un rayon de vélo dit-il, et ça depuis … toujours !
Il a décrété un jour que Mme Minibulle devait aimer aussi le vélo alors il a ramé pour la convaincre. Il y est allé par petites touches :
— On fait du vélo ensemble ?
— Dis, ça ne te dirait pas qu’on fasse du vélo tous les deux ?
— Tu ne serais plus autant toute seule si tu faisais du vélo avec moi !
— Et si on t’achetait un vélo ?
Tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins mais c’est sans compter sur Madame Minibulle qui renâcle pour l’achat du vélo :
— J’en veux bien un, mais qu’il me plaise !
C’est-à-dire que ce n’est pas un vélo de course comme aime Monsieur Minibulle mais un vélo avec guidon haut qui permet à Madame de se tenir bien droite et non avachie comme les coureurs.  Donc le vélo choisi a un beau guidon, de jolis gardes bouts (qui pésent trois tonnes dixit Monsieur Minibulle), a une belle couleur taupe et il est de marque ! Oui Madame Minibulle ne veut quand même pas n’importe quoi.
— Tu as voulu m’acheter un vélo et que j’en fasse avec toi, ok, mais c’est moi qui choisis !
Monsieur Minibulle s’incline mais il refuse catégoriquement que sa moitié n’achète pas de casque.
— Tu mets ce casque sinon …
— Sinon quoi, je ne fais pas de vélo ? sourit malicieusement Madame Minibulle.
Après moult explications comme quoi il était quand même dangereux de ne pas mettre de casque, Madame Minibulle s’incline et en choisit un.  Beau évidemment. Pourtant ils se ressemblent tous semble dire Monsieur Minibulle, mais à croire que non, vu la manière dont le positionne sur sa tête Madame Minibulle.
— Ce n’est pas un chapeau là, s’énerve un peu Monsieur Minibulle. Tu l’enfonces bien, tu ne le mets pas de guingois, et tu mets ta sangle que je vais te régler.
Il tient chaud ce casque. Il écrase la frange de Madame Minibulle qui soupire, et semble trop petit pour faire rentrer sa tignasse de lionne.
— Non, je n’achèterais pas de tenue de vélo. C’est non négociable. C’est moche.
Elle n’en fait qu’à sa tête Madame Minibulle et elle choisira plus tard une jupe short. Les tee-shirts seront au gré de son envie du jour.
Les voilà enfin prêts pour partir en ballade.
— Ah mais non, pas en ballade s’indigne Monsieur Minibulle, qui lui a la « vraie » tenue cycliste et a fait des courses plus jeune (sic !) on fait du vélo.
Madame Minibulle ne bronche pas. De toute façon, il ne pourra pas la forcer à aller plus vite et puis c’est quoi la différence ?

Mais ce qu’elle n’avait pas envisagé Madame Minibulle c’est qu’elle y prendrait goût ! Parce que mine de rien, Monsieur Minibulle est un bon « coach » même s’il y a eu de grands moments de solitude pour Madame quand il s’agissait de passer les vitesses. Parce qu’il y avait des vitesses sur son super vélo…Il a donc fallu s’adapter au vocabulaire complètement loufoque pour elle :
 Là, il te faut changer de braquet ! (Quezaco ?)
—Tu mets le grand plateau ou la grosse plaque ! (On parle cuisine là ?)
— Tu montes d’un cran (Madame Minibulle se trompe de sens, du coup, elle se met à souffler comme un bœuf parce que c’est trop dur, elle s’est trompée de sens ! Mais tu m’as dit de monter !!)

Elle découvre ensuite que Monsieur Minibulle parle bizarrement :
— Donne un petit coup de cul pour grimper plus facilement (tu parles !)
— Mets-toi en danseuse ! (Moi j’ai fait de la danse classique, crois-moi chéri, ce n’est pas ça du tout ta danseuse !)
— J’ai la socquette légère ! (Traduisez : je tourne les jambes facilement. Il fallait la trouver celle-là, poète Monsieur Minibulle !)
— Mets tes mains sur les cocottes !
Là Madame Minibulle n’a pas pu s’empêcher d’éclater de rire :
— Les quoi ?
— Les cocottes.
— Mais c’est quoi ?
— Là au-dessus des freins !
— Ah bon ! Drôles de cocottes !

Elle découvre aussi que le vent n’est pas toujours son ami et qu’il faut savoir s’en mettre à l’abri.
— Mets-toi à l’abri derrière moi.
— Mais j’ai toujours le vent !
— Mets-toi comme ça !
Monsieur Minibulle est patient mais Madame Minibulle renonce. Le vent tourne avec elle. Elle l’a toujours de face. On dirait qu’il le fait exprès !
Et puis il y a les faux plats montants, et les faux plats descendants.
— Un faux plat c’est un faux plat, ronchonne Madame Minibulle, ça veut dire que ça monte. Dis que c’est une côte !
— Non, ce n’est pas une côte ! Regarde là-bas, ça c’est une côte !
— Heu non, on n’y va pas hein !
Monsieur Minibulle est indulgent, il ne veut pas dégoûter Madame Minibulle, et puis, elle n’a pas tout à fait le vélo qu’il faut hein pour grimper des côtes. Il est beau oui son vélo, c’est un fait, mais son prix de beauté pèse lourd ! Et les mollets de Madame Minibulle ne sont pas encore tout à fait bien entraînés…

— J’ai soif !
Monsieur Minibulle tend le bidon.
— On ne s’arrête pas ?
Il éclate de rire.
— Non, tu bois… Et n’arrête pas de pédaler !
— Mais ça marche comment pour boire, ton bidon ?
— Tu aspires !
Madame Minibulle aspire d’un coup et s’étrangle.  Courageuse et vexée, elle n’arrête pourtant pas de pédaler, même si les larmes lui piquent les yeux. Avec les lunettes, elle n’ose pas dire que ce n’est pas facile de s’essuyer. Son nez coule.
— Attends il faut que je m’arrête pour me moucher !
— Mais non, tu fais comme ça !
Geste à l’appui, elle voit son homme un doigt sur la narine se moucher.
— Mais quelle horreur, c’est des trucs d’homme ça ! Moi je m’arrête, jamais je ne saurais faire ça ! et puis j’ai faim ! Tu me donnes un truc et on s’arrête là !
Elle montre une allée fort sympathique qui lui permettrait de respirer un peu. Monsieur Minibulle tend une pâte de fruits. Elle est obligée d’arriver à sa hauteur pour l’attraper d’une main.
— Je sais ce qu’il faut faire pour que tu pédales plus vite. Le bidon et à manger tu rappliques !
— T’es pas drôle ! On ne s’arrête pas non plus ?
— On n’est pas là pour faire de la figuration hein ?
Il sourit. Elle sourit. Elle croque sa pâte de fruits tout en pédalant.


En vélo, ce qui est bien, c’est que vous croisez des cyclistes. De tous genres, hommes et femmes.
Monsieur Minibulle est terrible quand il les croise. Il paraît que tous les « vrais et bons cyclistes » qui se respectent doivent se saluer. Madame Minibulle aime bien dire bonjour. Monsieur Minibulle lui a montré comment faire. Mains sur le guidon, vous levez juste les doigts. Madame Minibulle préfère le dire clairement. Sauf que tous ceux qui font du vélo n’ont pas envie de dire bonjour.
— C’est fou ce que les gens sont impolis, remarque Madame Minibulle. Pas de sourire, rien, à croire qu’ils ne sont pas heureux de faire du vélo.
Alors Monsieur Minibulle s’est amusé à deviner comment allaient dire bonjour les cyclistes qu’ils voyaient arriver de loin.
— Tu vois celui qui a la tête dans le guidon, ne lèvera même pas le nez.
 Monsieur Minibulle le fera sursauter quand il criera en le croisant :
— Hey bonjour !
Il y a celui qui serait presque prêt à s’arrêter pour vous serrer la main quand il vous crie en levant le bras :
— Hey Adieu ! (Avec l’accent du sud bien sûr !)
Vous avez le couple qui comme Monsieur et Madame Minibulle font du vélo et vous salue en disant :
— Bonjour Messieurs dames, profitez-en pendant qu’il ne fait pas trop chaud…
Vous avez les « vrais » cyclistes en groupe qui lèvent à peine le nez, qui ont les mains sur les « cocottes » et lèvent quatre doigts pour vous saluer sans dire un mot.
Et vous avez ceux qui vous ignorent superbement et ceux-là Monsieur Minibulle ça le fait rire et il sort alors sa phrase qui ne fait rire que lui et dont il est très fier !
  Il y en a qui se la pètent et moi je me répète… (Bon, ça ne veut rien dire hein ? Mais il est content).

Une fois rentrés, Monsieur et Madame Minibulle consultent leurs compteurs.

C’est alors qu’on entend :
— Entraînement interrompu !
— C’est quoi ? Tu sais que tu n’as pas besoin d’application. J’ai mon compteur qui fonctionne sur mon vélo.
— Oui mais ton compteur c’est pour toi, moi je ne saurais pas à combien je roule !
Monsieur Minibulle explique patiemment à Madame qu’étant donné qu’ils roulent ensemble les données seront les mêmes.
— Je préfère avoir les miennes c’est plus sûr !
Monsieur Minibulle n’insiste pas. Il sait que c’est inutile. Madame Minibulle n’en démordra pas. Sa petite sacoche en bandoulière l’accompagne partout avec son portable et c’est ainsi.
— Et donc tes résultats ? demande Monsieur Minibulle
— J’ai fait du 18kms/h pour 32 kms.
— Pareil !
— Ton compteur dit la même chose ?
Monsieur Minibulle sourit en hochant la tête.
— Oui mais moi, il dit aussi combien de calories j’ai brûlé !
Monsieur Minibulle ne peut rient répondre à ça !
— Je te l’avais dit que ce n’était pas pareil !
Les femmes ont toujours le dernier mot pas vrai ?


mercredi 1 août 2018

Petit Paul chante le mois d'Août




— C’est au mois d’août qu’on fait les fous…
— Où as-tu appris cette chanson Petit Paul ? demande Papa amusé
— Je l’ai entendue dans la voiture de Maman.
  Ah Radio Nostalgie a encore frappé, rit Papa
— Pourquoi tu ris ?
— Pour rien…

— Hou Hou où es-tu le mois d’août ? chantonne Petit Paul en se promenant dans le jardin.
Amusé par les sons « ou », Petit Paul se met à inventer une chanson de sa composition pour appeler ce joli mois.

— Hou Hou tu te caches où août …
Il éclate alors de rire et appelle son papa :
— Dis les cachous ça existe hein ?
Papa est surpris, les cachous dans sa petite boîte jaune… Rien que d’y penser, il sent le goût sur sa langue. Il adorait ça quand… enfin c’était hier !
— Oui oui, c’est dans une petite boîte jaune.
— Ecoute ma chanson :

Hou Hou
Où es-tu mois d’août ?
Tu te caches où ?
Peut-être dans une boîte de cachous …

— Elle est belle hein ma chanson, je cherche tous les mots en « ou » qui riment avec août.

Papa se prête au jeu et ajoute des mots lui aussi :
— Tu as la houe, regarde l’outil là, et tu as le houx qui fait ses boules rouges à Noël .
— Whaouah , attends il faut que je rajoute à ma chanson …

Hou Hou
Où es-tu mois d’août ?
Tu te caches où ?
Peut-être dans une boîte de cachous ?

Ou sous le houx ?
Attends je prends ma houe …

Hou Hou où es-tu mois d’août
Tu te caches où ?

— N’empêche que c’est au mois d’août que nous partons en vacances Petit Paul.
— Oui je sais, on part à la mer et je ferai des châteaux de sable et tu me diras que je fais de la …

Petit Paul éclata de rire et dit :
— J’ai trouvé un autre mot…
— Non Petit Paul, « boue » ce n’est pas comme les autres mots.
— Ben pourquoi ?
— Tu as le son « ou » mais ce n’est pas comme « où ».

Petit Paul regarda son père et lui fit un sourire à la Mooglie dans le livre de la jungle et reprit sa chanson :

Hou Hou
Où es-tu mois d’août ?
Tu te caches où ?
Peut-être dans une boîte de cachous ?

Ou sous le houx ?
Attends je prends ma houe…

Hou Hou où es-tu mois d’août ?
Tu te caches où ?

Pas dans la B oue
Et je ne fais pas la M oue

Papa éclata de rire et haussa les épaules. Il n’allait pas se lancer dans une leçon de vocabulaire aujourd’hui, alors que le joli mois d’août lui faisait HOU HOU .