Une maman qui prend soin d'elle. Qui aime écrire, lire et faire de la musique.

jeudi 30 novembre 2017

Lui et Elle

Comme d’habitude, il s’assied sur la banquette défraîchie mais propre du RER, ouvre son journal. La trentaine, brun, beau gosse, jeans chemise blazer, jeune cadre dynamique.

Lui : 15 minutes de trajet, au prochain arrêt elle entre. Aujourd’hui, je lui parle.

Comme tous les jours, elle balaie du regard le wagon et va s’installer à la même place, face à lui. La trentaine, brune, manteau prune fermé col officier, bottines assorties. Un grand sac fourre-tout couleur Camel.

Elle : Toujours caché derrière son journal, je suis certaine qu’il a de beaux yeux.
Lui : Quel crétin, je suis ! Devant un parterre de collaborateurs je vais présenter un projet qui sera applaudi et salué par mes chefs et là devant Elle, je m’écrase !
Elle : j’aimerais bien savoir où il bosse ! je descends toujours avant lui… et si aujourd’hui, je décidais de changer d’arrêt.
Lui : Pourquoi regarde-t-elle sa montre ? Le RER est à l’heure pour une fois.
Elle : J’ai le temps ! Au pire, je prendrai un taxi pour finir le trajet. Bon, ça va me coûter cher cette histoire, mais…
Lui : Elle sourit toute seule, à quoi pense-t-elle ? pourvu qu’elle n’ait pas d’amoureux, elle a l’air bien gaie aujourd’hui.
Elle : Quel air bougon ! Beau gosse, mais je l’appellerai bien grincheux !

Il baisse son journal surpris, elle n’est pas descendue à son arrêt habituel. Il rencontre son regard, elle lui sourit.
Lui : Panique à bord je ne sais pas quoi faire. Mais parle-lui bon sang, elle te sourit, c’est le moment !
Elle : Mais ? Il attend quoi ? Je ne veux pas parler la première. Je souris encore plus ! Pourvu que je n’aie pas de morceau de chocolat coincé dans mes dents ! J’en attrape mal à la joue ! Alors, tu me parles oui ou non ?
Lui : C’est quoi ce sourire forcé ? Elle se moque de moi oui ! Voilà mon arrêt je descends.

Il se lève rapidement, un hochement de tête vers elle, il descend.
Elle le suit des yeux puis lui emboîte le pas. Elle se retrouve sur le quai. Il a disparu.

Elle : Quelle nulle ! Je ne vais quand même pas courir derrière lui, je ne sais pas quelle direction il a prise.
Lui : Je suis en retard, j’appelle mon assistante pour la prévenir que … Mais ?
Elle : Ah je le vois, il est au téléphone. Je suis sensée faire quoi maintenant ?
Lui : Invite-là à prendre un café, tu es en retard de toute façon !
Elle : Ah quand même, il s’approche.

Il est intercepté par un de ses collègues :
- Bonjour Marc, je t’emmène ?
Ils se serrent la main.
Lui : pas de chance
Elle : pas de chance
Ils partent chacun de leur côté.

Comme d’habitude, il s’assied sur la banquette du RER, ouvre son journal. Toujours la trentaine, brun, beau gosse, costume bleu aujourd’hui, réunion importante.

Lui : Putain Marc ! parle-lui à cette fille à qui tu penses tout le temps, t’en as failli oublier le fil de ta présentation hier.
Il referme son journal, elle va arriver.
Lui :  Pourquoi n’est-elle pas là ? Pourvu qu’elle ne soit pas malade. Hier, déjà elle avait un air bizarre à sourire tout le temps.
Il se cale au fond de la banquette et se projette sur sa prochaine réunion.

Elle : J’ai pris le RER précédent, je suis certaine d’être à l’heure, je stresse un peu. Je pense que le beau gosse au journal doit se poser des questions. Elle sourit en entrant dans les locaux.

L’hôtesse l’accueille en lui souhaitant la bienvenue, lui offre un café, la dirige vers la salle de réunion.
C’est la table recouverte de petites viennoiseries qu’elle aperçoit en premier, elle n’a rien pu avaler au petit déjeuner, elle se laisserait bien tenter mais la crainte d’avoir les mains grasses la dissuade.
Une voix grave la fait se retourner :

- Marc…
Lui : Impossible
Elle : Je n’y crois pas !

- Heureux de vous accueillir dans notre société, venez je vais vous présenter…
- Bérénice…Enchantée !

Lui : Ce n’était pas si difficile finalement.
Elle : Il a une jolie voix.
Lui : Travailler avec elle tous les jours, Waouh !
Elle : Heureusement qu’il n’est pas mon chef !

- Monsieur ? Réveillez-vous …
Le contrôleur lui tape sur l’épaule gentiment.
Lui :  J’ai rêvé ! Trop beau pour être vrai.
Un coup d’œil sur sa montre lui indique qu’il est vraiment en retard. Cette fille lui prend la tête et lui pompe toute son énergie. Il descend du RER furieux de s’être endormi. La journée va être longue.

Comme d’habitude, il s’assied sur la banquette du RER, ouvre son journal. Et puis non, pas de journal, il regarde par la fenêtre. Il pleut.
Comme tous les jours, elle balaie du regard le wagon et va s’installer à la même place, face à lui.

Elle : Il n’a pas l’air en forme aujourd’hui.

Il se tourne vers elle :

Elle : il va me parler, j’ai le cœur qui bat tellement fort que je suis certaine qu’il l’entend !
- Votre prénom ? c’est Bérénice ?
Elle éclate de rire.

Elle : Comment il le sait ?
Lui : Trop jolie quand elle rit.

- Bonjour Marc !
Lui : Comment elle le sait ?
Elle : Banco ! C’est son prénom. Trop forte !



mardi 28 novembre 2017

La cavale d'Alex

Alex venait d’emménager dans sa nouvelle maison. Le camion était reparti et il regardait tous les cartons qui envahissaient les pièces qu’il ne connaissait pas encore. Ses parents, pas trop disponibles, lui avaient fait comprendre gentiment qu’il devait les laisser tranquille, alors il errait seul de pièces en pièces. Elles étaient encore vides et froides. Seuls les meubles bien connus déjà installés le rassuraient et le renseignaient : là le bahut de la cuisine, là la banquette du salon où il se nichait dans les bras de maman d’habitude. Il grimpa l’escalier pour découvrir sa chambre. Son lit était arrivé et ses jouets aussi. Ses parents avaient recréé en premier son espace pour qu’il ne se sente pas trop dépaysé, mais Alex avait le cœur gros, il était tout seul. Enfin, pas tout à fait, Zébra son doudou lui faisait de l’œil depuis son lit. Il le serra contre son cœur et… il leva la tête appelé par une musique extérieure qui vint lui taquiner les oreilles. Il s’accouda alors à la fenêtre et remarqua une grande bâtisse style château comme dans ses livres de chevalier, de l’autre côté de la haie. Curieux, il quitta sa chambre laissant Zébra, à cinq ans il était « grand », et s’aventura dans le jardin.
La haie était haute, aucun moyen de voir au-dessus. Alors il se baissa. Pas mieux. Il avança à quatre pattes pour chercher un trou qui lui permettrait de voir de l’autre côté. Il réussit à passer la tête et se trouva nez à nez avec une truffe humide. Un coup de langue bleue lui balaya la figure. Alex se recula surpris et aperçut alors deux pattes qui grattaient à toute vitesse. Un passage se dessina alors. Le petit garçon s’y engouffra, passa sous la haie et découvrit alors son nouvel ami qui remuait la queue de plaisir. Un superbe Chow-chow le regardait avec des yeux remplis d’amour. Alex enfouit ses mains dans la tête de lion toute douce. Il n’avait jamais vu un tel animal. Quand celui-ci se coucha à ses pieds, il n’hésita pas, il grimpa sur son dos. Alors le chien se leva doucement et tous les deux, ils partirent à la découverte du jardin.
Fleurs à profusion multicolores, allées recouvertes de jolis cailloux rosés, Alex se voyait le chef de ce royaume. Il regrettait son costume de chevalier, avec son épée et son bouclier, il aurait été magnifique.
« Charlot ? Charlot ? »
Une petite voix inquiète appelait. Le chien dressa les oreilles et se mit à courir. Alex se cramponna à la crinière pour ne pas tomber.
S’ensuivit alors une course effrénée à travers les pelouses. Il stoppa net aux pieds d’une petite brunette en larmes devant le perron de la grande bâtisse. Alex passa par-dessus la tête  de l’animal et s’écrasa à plat ventre. Vexé et un peu étourdi par la chute il resta au sol.
- Tu t’es fait mal ?
Le chien, du museau, bousculait le gamin pour qu’il se relève. Alex se mit debout, regarda ses genoux écorchés et ravala ses larmes. Il n’allait pas pleurer devant une fille quand même !
- T’as mal ? la fillette montrait ses genoux.
- Non.
- Comment tu t’appelles ? Moi c'est Rose.
- Alex.
- Bonjour Alex. Elle lui fit un bisou sur la joue. T’as plus mal ? Maman me fait toujours un bisou magique quand j’ai mal.
Ils avaient les mêmes mamans, lui aussi avait droit au bisou magique quand il avait mal.  Il regarda mieux la petite fille : deux couettes avec des élastiques roses, des yeux bleus…
- J’ai quatre ans, et toi ? Elle n’attendit pas la réponse et se blottit contre son chien.
- Tu as fait connaissance avec Charlot ? Il est beau hein ? Il est rien que pour moi, mais je veux bien le partager avec toi. T’habites où ? moi, ça ne fait pas longtemps que j’habite ici. Mon papa, il voyage beaucoup et ma maman est triste quand il n’est pas là, alors il lui a acheté une grande maison avec des fleurs pour qu’elle soit moins triste.
Alex commençait à avoir vraiment mal à ses genoux, ça piquait, et quand il baissa la tête et qu’il vit du sang couler il eut du mal à retenir ses larmes.
- Pourquoi tu pleures ? Rose de sa petite main les essuya.
- Viens maman va te soigner.
Pris de panique à l’idée qu’on lui mette « un truc qui pique », Alex refusa.
- Non ça va, je vais repartir.
Alors Charlot le chien s’allongea à nouveau et Alex put monter sur son dos, Rose grimpa aussi. Elle passa ses mains autour de la taille de son petit compagnon et le Chow-chow se mit en route doucement. Arrivés devant la haie, le chien s’allongea à nouveau et les enfants purent descendre. Alex fit une dernière caresse à l’animal et regarda Rose :
- Je vais passer sous la haie ma maison est de l’autre côté, je viens d’emménager.
- Je peux venir avec toi ?
- Et ton chien tu vas le laisser tout seul ?
- Non, il me suit partout. Il peut ?
Alex hésita, ses parents ne voulant pas d’animal chez eux. Mais peut-être qu’ils seraient trop occupés pour s’en rendre compte.
- D’accord, viens avec ton chien. Tu me suis.
Il passa le premier et se retrouva dans son jardin qui lui parut bien petit. Rien n’avait changé à part papa qui lui faisait de grands signes et accourait vers lui à grands enjambées.
- Où étais-tu passé Alex ? Combien de fois faudra-t-il te dire de nous avertir quand tu pars dans tes excursions bizarres.
- J’étais juste de l’autre côté. Je te présente Rose et son chien Charlot.
Les bras croisés et le regard sévère, son père le fixait.
- Tu recommences Alex ?
Le petit garçon se retourna et ne vit personne. Il se baissa pour montrer le trou dans la haie, le chien n’avait peut-être pas pu passer. Rien. Il regarda ses genoux et soupira.
- Pardon papa, je ne recommencerai plus. La tête basse, il repartit vers la maison, grimpa l’escalier et s’enferma dans sa chambre. Zébra l’attendait sagement sur son lit. Il regarda par la fenêtre. Rose lui faisait signe et Charlot aboyait joyeusement en sautant autour d’elle. Il entendit son père crier :
- J’espère que ce chien ne va pas aboyer toute la journée !
Charlot se tut aussitôt et Rose envoya un baiser du bout des doigts à Alex.
Mais ça c’était de l’autre côté.


lundi 27 novembre 2017

Gourmandises en Haïkus



Chocolat léché
sur la glace vanillée
plaisir assuré


Crêpe au chocolat
avec de la chantilly
cuillère à la main




Épaule voilée
par vent coquin dénudée
épaule à croquer












jeudi 2 novembre 2017

Novembre sous la couette

Ce n’est pas ta faute si ce n’est pas la fête !
Novembre, tu as une mauvaise tête !
Gris et pluvieux,
Tu nous rends grincheux !
On n’a qu’une envie mon vieux,
Rester sous la couette !

À fleurir les tombes
De nos anciens
Avec des couronnes en ronde
On a le cœur chagrin !

Fêtons l’armistice
Sans artifice,
Fleurissons nos monuments
Rappelons-nous c’est important !

Patronne des musiciens
Musique Maestro
Sainte Cécile nous fait du bien
En novembre c’est cadeau !
Arrive Sainte Catherine,
Et ses beaux chapeaux
Pour les copines
Qui cherchent leur hidalgo !

Tout arbre prend racine,
Perdons notre humeur chagrine
Préparons le printemps,
Novembre c’est le moment !

Finalement Novembre
Ce n’est pas ta faute
Si à cause du froid on tremble
Tu as quand même un peu la cote !

Mois d’avant noël
Mais oui la vie est belle !
Quittons la couette
Et faisons la fête !


mardi 31 octobre 2017

Patouille, la citrouille

Voilà ça recommence !
Cette fois pas pour une romance !

C’est moi Patouille la citrouille
Ronde, à la peau douce et orange,
Avec une bonne bouille
Et belle comme un ange
À ce qu’il paraît !
Ange ? Aujourd’hui, ce n’est pas d’actualité !

Déjà, il y a longtemps,
Jusqu’à minuit j’étais devenue
Carrosse, pour un prince charmant.
J’ai fini écrasée à demie-nue !

Aujourd’hui c’est en lanterne
Vidée, creusée et décorée
Avec des bougies allumées
Et un sourire en berne
Que je vais être exposée !

Pour la nuit de l’horreur
Moi Patouille, je dois faire peur
Alors que défilent les heures
Rien qu’à me voir, j’ai peur !

Nuit d’Halloween
C’est quoi cette histoire ?
J’ai la trouille dans le noir
Pas vrai que je pleure, il bruine !

Moi c’est Patouille la petite citrouille
Laissez-moi tranquille
Avec vos jeux débiles.
Laissez-moi ma bonne bouille
À la peau douce et orange,
Moi je veux être un ange,
Vos idées d’horreur me dérangent !


vendredi 20 octobre 2017

Léon et Oscar, vous êtes ici !

Léon et Oscar, deux lascars de cinq ans et demie, copains depuis la maternelle, voisins de surcroit et ayant déjà fait pas mal de bêtises ensemble, ont fait leur entrée en maternelle et sont fiers de savoir lire ou à peu près.
En promenade avec leurs parents respectifs, ils s’amusent à déchiffrer les panneaux d’affichage, de signalisation et d’affiches diverses.
Léon, le premier arrivé devant l’un d’eux, s’arrêta tout excité et cria à son compère qui arrivait les joues cramoisies et essoufflé :
- Tu as vu, le panneau, il est super intelligent, il sait qu’on est là !
- Pourquoi ? Oscar reprenait son souffle.
- C’est écrit : « Vous…êtes.. ici !
Léon déchiffrait mot à mot et il était fier de lire la phrase en entier :
- Vous êtes ici !
Oscar ne comprend pas comment un panneau peut savoir qu’il est là : il le contourne, s’accroupit, le touche, et repart en courant vers ses parents qui s’étaient attardés.
- Papa, maman, le panneau, il est drôlement fort, il sait qu’on est là !
- Ce n’est pas la peine de hurler Oscar, commente papa en souriant, mais voyons voir ce panneau !
- Viens vite !
Oscar attrape la main de son père et l’entraîne.
- Ne cours pas si vite, il ne va pas s’envoler ton panneau !
Maman préfère rester sur place avec les parents de Léon.
Celui-ci est campé devant le panneau.
- Vous êtes ici !
- C’est vrai que vous êtes ici, dit papa, parfait.
- Comment il le sait ?
- Mystère ! Papa fait un clin d’œil à son fils, allez les garçons, on continue ?
Et les voilà repartis gambadant de plus belle. Papa attend les retardataires surveillant du coin de l’œil les deux gamins.

 - Regarde un autre !
Oscar et Léon n’en reviennent pas.
« Vous êtes ici » les nargue à nouveau.
- On est suivi ! c’est sûr !
Et les voilà qui se retournent inquiets :
- Personne ! Tu sais quoi, Léon, tu vas retourner à l’autre panneau, dis-moi ce qui est écrit.
Le voilà qui détale, dépasse ses parents interloqués, se plante devant le panneau :
 - Vous êtes ici ! hurle Léon.
Oscar le rejoint :
- On va demander à papa et maman si sur l’autre panneau, c’est encore écrit.
Ils repartent en sens inverse, interrompant les adultes en grande conversation :
- Dis papa, tu veux pas aller voir sur le panneau là-bas, si c’est écrit « vous êtes ici » et…
- Léon, combien de fois faudra-t-il te dire de ne pas nous interrompre !
- Mais c’est important, vite, il faut que tu ailles voir le panneau !
Les parents des deux compères se regardent en riant et acceptent de jouer le jeu, ils allongent le pas et se retrouvent devant un panneau qui indique « vous êtes ici ».
Léon et Oscar plus loin, leur font de grands signes, et hurlent à qui mieux mieux :
- Nous aussi, c’est écrit « vous êtes ici » !
  
- Vous allez vous casser la voix à crier comme ça !
Un vieux monsieur appuyé sur sa canne, les regarde sourcils froncés.
- Bien sûr que « vous êtes ici » vous faites assez de bruit pour qu’on s’en rende compte vous avez même affolé mon chien !
Les deux petits ne sont pas rassurés, mais Oscar plus bravache que son copain relève le menton :
- Et comment qu’il peut le savoir le panneau qu’on est là ?
- Parce que je lui ai dit !
Le papy toujours appuyé sur sa canne, les regarde dans les yeux. Mais Oscar imperturbable continue :
- Ah oui, et l’autre panneau aussi, il le sait, tu lui as dit aussi ?
C’est à ce moment-là que leurs parents les rejoignent et s’excusent auprès de l’inconnu du bavardage des deux garçonnets.
- Vous devriez leur expliquer quand même !
- Quoi donc monsieur ? demande le papa d’Oscar
- Que c’est moi qui renseigne les panneaux.
- Pardon ?
- Oui, dit Oscar, c’est le monsieur tu vois, qui dit aux panneaux « vous êtes ici », c’est gentil quand même, comme ça on n’est pas perdu ! Toi qui dis toujours de faire attention de ne pas se perdre, ben tu vois, le monsieur lui, il le dit au panneau.
Les parents sourient avec indulgence, se demandant déjà, comment ils allaient expliquer à leurs garnements, que ce n’était pas tout à fait vrai cette histoire, mais Léon plus pragmatique demande :

- Dis, tu fais comment avec ta canne, pour aller assez vite pour le dire aux panneaux ?



mardi 17 octobre 2017

L'endormie du livre

Elle s’est lovée
Dans son livre préféré.
Enveloppée par la mélopée
De ces mots murmurés
Elle s’est endormie.

Dans le ciel
Avec elle
Le livre s’est envolé.
La nuée s’en est mêlé
Et la belle endormie a emportée.


dimanche 15 octobre 2017

Le papillon et l'enfant


Le papillon est magnifique. Il sait que tu l’as voulu ainsi, avec de grandes ailes pour qu’il puisse s’envoler loin, très loin, et de couleur rose et bleu, pour que tu puisses le reconnaître parmi tous les papillons, toi seule.
Je te revois assise à la table de la cuisine, les crayons éparpillés sur la nappe, et toi tellement appliquée avec ton petit bout de langue qui dépassait …
Le papillon prend forme sur le papier. Il te parle et tu lui demandes s’il aime ses jolies ailes pour qu’il puisse voler loin, tu lui souris et lui susurre qu’il faudra qu’il revienne pour te raconter ses voyages, parce que toi, tu ne peux pas partir comme lui, tu n’as pas d’ailes. Tu aimerais bien l’accompagner pourtant pour voir d’en haut comment c’est.
Je suis là, assise, et la fenêtre est ouverte. Il arrive, ce papillon rose et bleu, créé il y a bien longtemps. Il se pose sur ma main.
Je le regarde et regarde l’enfant que j’étais et je souris à la petite fille qui rêvait au papillon qui volerait loin et qui reviendrait un jour lui raconter ses voyages.
« Bonjour toi ! alors c’était bien depuis le temps que tu es parti ? tu as bien voyagé ? tu en as mis du temps pour venir me raconter ! »

dimanche 8 octobre 2017

Max et Pilou

C’est la fête chez Pilou ce week-end. Elle ramène Max à la maison.
Papa et maman se sont inquiétés :
- Il ne va pas salir au moins ?
Éclats de rire de Pilou.
- T’inquiète pas !
- Tu vas t’en occuper hein Pilou ?
- Mais oui et puis je l’emmènerai avec moi partout !
Papa et maman haussent les sourcils :
- L’emmener ?
- Ben oui, faire les courses et patati patata.
Maman interroge papa :
- C’est qui Max ?
Papa hausse les épaules :
- On verra bien !
Vendredi soir, Pilou toute fière tend Max à son papa :
- Tu lui dis bonjour ?
Papa est rassuré, Max la mascotte de la classe est une peluche bien sympathique.
- Allez viens Max !
Papa a compris que Max allait vivre avec eux et participer à la vie de la famille : déjeuner à table, prise en photo, faire les courses. Max, il ne faut pas qu’il s’ennuie, hein ?

- Il en prend de la place ce Max !
Pilou, assise dans sa chambre sur son lit, lève la tête.
- Qui a parlé ?
- Moi.
Pilou se retourne et cherche papa ou maman. Personne. Pilou est grande, elle a trois ans et demie quand même, elle ne va pas faire la trouillarde et puis si elle se fait disputer... Alors, elle répète :
- Qui parle ?
Une tête bien connue de la petite fille apparaît :

- Moi !
Pilou n’en croit pas ses yeux, Rufus, son Rufus, son doudou adoré, parle !
- Mais… tu parles ?
Le loup doudou à la tête toute fripée la regarde de ses yeux plein de larmes.
- Mais… tu pleures ?
Pilou est toute triste. D’habitude, c’est lui qui la console, c’est lui qui la rassure, c’est lui qui lui fait le petit bruit familier à ses oreilles qu’elle seule entend. Elle n’ose pas appeler ses parents.
- Tu ne m’aimes plus !
Pilou ne comprend pas.
- Si je t’aime fort fort fort. Pilou prend alors Rufus dans ses bras, le cajole, lui chatouille ses oreilles, il en ronronne de plaisir. Si, un loup ça ronronne, surtout un loup comme Rufus.

- Et moi ?
Allons bon, encore quelqu’un qui parle ? Pilou regarde son loup qui hausse les épaules :
- C’est lui !
Lui, c’est Max.
- Tu sais Max, dit Pilou, Rufus, c’est mon doudou. Toi, tu es la mascotte de la classe, je dois te garder pour pas que tu sois tout seul à l’école, mais …
- Pas de problème, on peut jouer à trois.
- Tu es d’accord Rufus ?

jeudi 5 octobre 2017

Sur la plage, abandonnée...

Cabane abandonnée
Par les vacanciers…
Seules, les herbes folles
Mènent la farandole
Avec le sable qui s’envole.

Quel dommage !
Je suis seule et sage…
Personne sur la plage
Seul gronde un ciel d’orage !

Plus de cris de joie,
Plus de rires aux éclats,
Plus de ballons qui roulent,
Seul le bruit de la houle …

Sur la plage, abandonnée…


dimanche 1 octobre 2017

Octobre, le sobre !

Quand tu arrives Octobre,
L’automne a déjà enfilé sa robe.
Alors prends ton temps !
Car tu annonces celui des mois suivants.

S’il-te-plait, encore un peu de soleil
Pour ne pas craindre le brutal réveil !
Car si tu n’as pas de manteau,
Tu devras t’en trouver un bientôt !

Si tu nous entoures de brumes,
Bonjour les rhumes !
Si tu es en bruine,
L’hiver est en ruine !


Octobre fête les grands-pères !
Et on l’espère,
À sa fin dans la cuve sera le raisin !
Alors Halloween ne sera pas loin
Gare aux sorcières en brodequins !

mercredi 27 septembre 2017

Lulu et la cueillette des champignons

Quand Lulu ouvre le yeux ce matin-là, il est tout excité.
C’est aujourd’hui qu’il va faire la cueillette des champignons avec son grand-père. Au début, Lulu croyait qu’il allait ramasser des pommes, parce qu’il avait bien regardé son livre Gaston le hérisson, il le connaissait par cœur ce livre, c’était son préféré, et Gaston avait un panier plein de pommes.
Mais Papy avait décrété que c’était la saison des cèpes et qu’il fallait réapprovisionner la réserve de Mamy. Lulu n’y connait rien en champignons encore moins en cèpes mais fort de son savoir grâce à Gaston, il est plein d’espoir pour remplir son panier presqu’aussi grand que lui.
Après un solide petit déjeuner (lait au chocolat et deux tartines de confiture), Papy a dit qu’il fallait prendre des forces parce qu’il allait beaucoup marcher, il met ses bottes, son bonnet sur la tête, son manteau à capuche parce qu’il fait frais dans la forêt (il en sait des choses Papy), il donne la main à son grand-père, un bisou à sa grand-mère et tout guilleret il attend le top départ, il est prêt.

C’est le silence dans les bois qui l’impressionne tout d’abord. Bien sûr, de temps en temps il entend un oiseau qui chante. En plus Papy donne le nom de l’oiseau. Impressionné, Lulu ne pipe mot. Comment il peut savoir Papy que c’est le rougequeue noir qui émet ce chant ? Il lui a demandé ses papiers ?  Il en reste baba Lulu. Et le parfum, il respire à pleins poumons Lulu, ça sent bon dans la forêt !
- Tu as perdu ta langue ?
Lulu sursaute pris en flagrant délit de rêvasseries. Son grand-père le regarde en souriant. Il tient un bâton à la main, et délicatement il soulève les feuilles et le miracle surgit devant les yeux ébahis de son petit-fils.
- Regarde !
Lulu aperçoit un chapeau de couleur marron clair. Il demande :
- C’est quoi ?
- Un champignon pardi ! Eh Lulu réveille-toi, on est là pourquoi ? Tiens donne-moi le panier et regarde bien comment je vais faire pour le ramasser.
Lulu regarde son papy qui sort son couteau de sa poche et coupe la queue du champignon délicatement, l’époussette avec son mouchoir et le range au fond du panier.
- Le premier d’une grande cueillette j’espère ! se réjouit Papy.
Lulu ne dit rien. Il regarde le champignon et essaie désespérément de se rappeler si Gaston le Hérisson en avait trouvé de pareils, mais il a beau chercher dans sa mémoire, ils n’étaient pas de cette couleur, ils étaient rouges à pois blancs et bien plus grands que celui-là. Le voilà bien ! Et si son grand-père se trompait. Malheur ! Lulu a entendu des choses horribles sur les champignons venimeux qui peuvent faire mourir, c’est comme les vipères c’est dangereux, mais il n’ose pas le dire à son papy qui sait tellement de choses, il va le vexer c’est sûr ! Il reste planté Lulu, et ses yeux se remplissent de larmes.
Son grand-père ne se rend compte de rien, il avance doucement et petit à petit son panier se remplit. On dirait qu’ils poussent devant lui. Lulu n’en revient pas, c’est la catastrophe. Et sa grand-mère qui va en faire des conserves, on va tous mourir c’est sûr ! Lulu sent déjà son ventre se serrer. Pourtant il ne l’a pas touché, non, car il sait aussi qu’on peut devenir tout bleu si on est empoisonné. Il court après son papy et essaie de regarder ses mains. Il a l’air en pleine forme et il siffle en plus, fier de lui.
- Ecoute Lulu, la fauvette ! oh regarde, un rouge-gorge, ne fais pas de bruit !
Lulu ne comprend pas comment son grand-père qui reconnaît tous les oiseaux, ne sait pas qu’il est train de ramasser des champignons empoisonnés.
Lulu réfléchit et il a trouvé : il va détourner l’attention de son papy, et il renversera le panier. Il va se faire disputer mais tant pis, c’est toujours mieux que de tous mourir !
- Dis Papy, comment tu sais tous les noms des oiseaux ?
- J’ai appris avec mon papa quand j’étais petit ! Comme toi, je le suivais dans les bois… mais fais attention Lulu, tu vas renverser le panier. Quel maladroit ! Son grand-père se baissa pour ramasser les champignons, mais Lulu plus rapide que lui, donna un coup de pied dedans et pire, se mit à écraser les belles têtes à la couleur marron clair !
- Sacrebleu ! tonna son grand-père, il devint rouge de colère. Il attrapa le bras de son petit-fils pour le retenir.
- Je ne veux pas que tu meures, criait Lulu. De grosses larmes à présent coulaient sur ses joues et les bras ballants, il restait devant son papy qui le regardait d’un air furieux. Toute la récolte était fichue, c’était malin, lui qui se vantait toujours devant ses copains de connaître les meilleurs endroits, il allait rentrer les mains vides. Mais le cri de son petit-fils et ses larmes qui n’arrêtaient pas de couler l'interpelèrent :
- Viens ici Lulu, viens t’asseoir sur mes genoux, et raconte-moi. Lulu s’approcha de son papy qui faisait de la place sur une souche d’arbre.
- C’est dans mon livre … hoquetait le petit garçon.
- Qu’est-ce qu’il y a dans ton livre ?
- C’est Gaston…
Papy était perdu. Qui était Gaston ?
- Tu sais bien Gaston le hérisson, reprenait Lulu
- Ah oui ! Il fit celui qui comprenait, il ne voulait pas passer pour un nul aux yeux de son petit-fils.
- Ben, ses champignons sont rouges à pois blanc et plus grands que les tiens. Toi, c’est des venimeux.
- Vénéneux Lulu, on dit vénéneux
- C’est pareil ! toi, tu vas empoisonner Mamy et papa maman, et toi, et moi je ne veux pas qu’on meure tous et qu’on devienne tout bleu … et Lulu se remit à pleurer plus fort.
Papy se retint de rire. Ah il aurait dû savoir que Lulu allait se documenter avant de venir avec lui mais avec ses livres à lui !
- Bon. Je te remercie Lulu de m’avoir évité de passer l’arme à gauche. Il faudra quand même que tu me fasses rencontrer ton Gaston.
- Vrai, tu n’es pas fâché ?  Lulu reprenait du poil de la bête, il redressait la tête. Je ne savais pas comment te le dire, toi qui sais tout Papy, quand même, t’allais faire une grosse bêtise, heureusement que j’étais là. Tu as rudement bien fait de m’emmener, hein ? Ah et Gaston ? ben tu ne peux pas le rencontrer, c’est dans mon livre. Tu sais pas tout en fait, Papy, mais c’est pas grave, je vais t’apprendre.

- Dis Papy, ça veut dire quoi, passer l’arme à gauche ?