Une maman qui prend soin d'elle. Qui aime écrire, lire et faire de la musique.

lundi 2 septembre 2019

Florilèges de rentrée scolaire


Les enfants sont grands, mais il reste des souvenirs de rentrée mémorables.

J’emmène pour la première fois ma fille à l’école, elle a 3 ans. La jeune institutrice nous accueille avec le sourire. C’est sa première rentrée aussi. Elle installe ma gamine devant des coloriages, des puzzles.
— Vous pouvez rester avec elle si vous le souhaitez, je vous dirais quand ce sera le moment de la laisser.
Je ne me sens pas très à l’aise et ma pitchounette le ressent. Je m’assois donc près d’elle et surveille du coin de l’œil les autres enfants qui arrivent. Il y en a qui pleurent et d’autres qui font les fanfarons. La classe se remplit peu à peu. La maîtresse s’approche de moi tout sourire et me fait signe qu’il va être temps d’y aller. Je repousse la petite chaise, essayant de ne pas faire trop de bruit. C’est ridicule, car il y a un brouhaha de fond. Ma gamine se lève aussi et reprend sa veste.
— Mais qu’est-ce que tu fais ? Tu peux rester là.
— Mais c’est bon, j’ai vu ce que c’était l’école, je repars avec toi.
Le lendemain, elle refuse carrément d’y aller, assurant qu’elle y était déjà restée un jour, ça suffisait.

Deux ans plus tard, je m’y recolle avec mon fils. Agrippé à mes bras comme un singe, je pourrais le lâcher, il tient tout seul. Cette fois-ci c’est la directrice qui nous accueille. Elle se fait beaucoup plus convaincante et connaissant la suite des événements parce qu’elle a l’habitude pas vrai, elle propose de poser mon petit garçon au sol. À regret, je m’exécute.
Il m’échappe et s’enfuit vers la sortie. Heureusement, ils avaient tout prévu les bougres, la poignée est très haute et mon bonhomme se retrouve bloqué devant la porte, le nez collé contre la vitre. Je suis dévastée. Je le ramène dans la salle de jeux, la tête haute alors que je n’en même pas large, et là, la directrice à nouveau (je la déteste, pourtant, elle est super sympa, mais à cet instant, j’ai envie de la mordre), elle lui prend la main et me dit au revoir. Que faire ? Je suis congédiée ! Je pars la mort dans l’âme, et j’entends :
— Maman, maman, ne m’abandonne pas !
Je m’enfuis, les larmes aux yeux. Quel monstre suis-je donc pour abandonner ainsi mon enfant !
Quand je le récupère le midi, sa maîtresse m’assure que j’étais à peine sortie qu’il avait le sourire et que tout allait bien. Le misérable !
Il m’a fait ça plusieurs fois de suite, le coquin !

Il faut croire que j’aime ça, parce que quelques années plus tard, je remets ça avec mon troisième. Lui, c’est le dernier. C’est encore plus difficile. Je sais ce qui m’attend pourtant, mais avec les années, j’avais imaginé que je serais plus forte, et que ça serait différent. Eh bien non, le cœur en charpie, je n’arrive pas à décoller les bras de mon petit. Il faut croire que les garçons sont plus attachés que les filles, ou alors leurs bras ne sont pas fabriqués de la même manière, impossible de le détacher. La directrice, oui encore elle, mais pas la même, même si elles semblent toutes faites sur le même modèle, est beaucoup moins sympathique, enfin c’est du moins mon ressenti à l'instant. Elle me l’arrache littéralement, en me disant :
— C’est le moment, vous devez partir là.
Immédiatement, je me sens jugée. À nouveau je m’enfuis et j’appelle mon homme en larmes, en racontant que c’est un monstre, la directrice, que je ne veux plus qu’il y aille….
Trois enfants, je devrais y être habituée ? Pas du tout.

Et que dire de la rentrée en CP, puis au collège surtout quand un déménagement est survenu entre temps.
— Ils sont grands, non ? Et je n’ai plus personne avec moi… (mon deuxième gamin est très fort pour me faire culpabiliser).
Ma réponse est nulle, je sais.
— C’est parce qu’on est dans la voiture, on est assis !
Celle du lycée pour ma fille qui ne se retrouve qu’avec des garçons parce qu’elle a choisi une section technologique. Elle a quitté un établissement tout neuf, performant, avec toutes les nouvelles installations, pour arriver dans un vieux « truc » comme elle l’appelle…. Elle m’a refait tout le jardin la veille de la rentrée, histoire de se changer les idées. Le stress a du bon quelquefois.

Ils sont grands, mais ils ont toujours la boule au ventre quand ils reprennent et moi avec, même si je ne les accompagne pas jusqu’au bout de la porte. C’est la voiture et le signe de la main qui remplace les embrassades et les bras autour du cou.

Mais non, je ne suis pas nostalgique. Foutue rentrée va !


dimanche 1 septembre 2019

C'est en septembre...



Le voilà ce mois de septembre que l’on redoute un peu. Il est le signe de la fin de l’été, des feuilles qui tombent et qui changent de couleurs.
Les soirées sont plus fraîches et s’assombrissent plus vite. Les repas en terrasse se font plus rares.
Septembre sonne le glas des grasses matinées des enfants, des vacances chez les grands-parents.
Les vestes et les gilets réapparaissent pour couvrir les épaules d’un petit vent encore agréable.
Les fruits d’été comme les pêches, les brugnons, les abricots, les melons et les pastèques vont laisser leur place aux pommes, poires, prunes, raisins.

Parlons-en des vendanges ! Septembre en marque le début avec ces grappes d’une jolie couleur qui font la joie des corbeilles présentées en dessert et aussi celle des vendangeurs qui vont passer de bons moments au grand air, avec des équipes sympathiques qui leur laisseront de beaux souvenirs.
C’est également la saison des agapes des écureuils qui adorent récolter les noix et les noisettes avant tout le monde, histoire de faire leurs réserves pour l’hiver.
C’est le « ouf » du départ des touristes. Le calme revenu dans les villes et les villages redonne place à la reprise de la vraie vie.

Et puis septembre est le mois de la rentrée pour les petits comme pour les grands. C’est aussi le moment de prendre de nouvelles résolutions comme s’inscrire à des cours sportifs, de danse, de dessins, d’ateliers d’écriture et de lecture, ou ne rien faire du tout.

Alors pourquoi cette mélancolie quand arrive ce mois qui finalement n’est pas si terrible ? D’accord, il est celui qui relance la machine pour reprendre le travail et c’est lui que les enfants redoutent un peu parce qu’ils vont s’asseoir sur les bancs de l’école pour la première fois. Mais il est aussi celui qui au contraire va permettre aux plus grands d’arpenter les cours de récréation en refaisant le monde et en racontant avec force détails les vacances aux copains et copines.
Bien sûr, il va falloir se coucher plus tôt et la course aux inscriptions des cours de danse, de football ou de musique, va obliger les parents à s’adapter à un nouvel emploi du temps.
Par contre, pour les seniors qui ont gardé leurs petits-enfants pendant juillet ou août, septembre est l’heure d’une récréation bien méritée et le droit de partir à leur tour loin de la foule et des plages bondées.

C’est ça septembre ! Alors, bonjour à toi, mois de rentrée. Fais-nous rêver avec tes fruits d’automne, tes jolies couleurs dans la nature, et laisse-nous encore un peu de soleil, certes moins chaud, mais tellement agréable. Enivre-nous de tes parfums particuliers, même si les foins sont coupés depuis longtemps. Permets-nous de fouler tes feuilles tombées, les bottes aux pieds, et de le découvrir, celui qui se cache, le champignon.
Qui sait, au carrefour d’un sentier, restez à l’affut, une biche pourrait vous surprendre… et ça c’est l’extra dans l’ordinaire…

samedi 31 août 2019

On a rangé les vacances


Une plage abandonnée,

Une table de ses convives débarrassée,
C’est la fin de l’été.

La pelle sur le sable soupire. Elle est restée là toute la nuit. Ce matin, elle attendait, elle espérait, mais elle avait bien senti hier que les gamins n’avaient plus le même enthousiasme. À regret, ils l’avait abandonnée, pressés par des parents qui les houspillaient à ranger leurs affaires…

Plus de cris ne retentissent sur la plage, plus de serviettes qui traînent sur le sable. La cabane est agacée par le bruit de sa porte qui claque au vent. Mal refermée, elle n'a pas bien dormi. Le « clac clac » incessant lui a mis les nerfs à vif.

Elle aurait bien aimé encore sentir le parfum du café, du chocolat, et du pain frais rapporté tout chaud de la boulangerie. Mais c’en est fini de ces parfums. La terrasse est déserte et le silence lui brise le cœur. Elle appréciait bien quand tout ce petit monde l’entourait. Les rires fusaient de part en part, et les « passe-moi le beurre » et les « tiens, attrape » lui manquent ce matin.

Quand la pelle rejoint la cabane de plage pour s’y endormir pendant tout l’hiver, elle choisit de se caser sur le banc à l’intérieur pour qu’elle soit vue immédiatement lorsque la porte s’ouvrirait.
— Ce n’est pas la peine, tu sais, murmure la cabane. L’année prochaine, tu ne seras plus assez jolie, ils arriveront avec la leur.
— Je ne veux pas aller à la poubelle, pleure la petite pelle.
— Cache-toi bien, et peut-être que tu auras de la chance.

Quand les volets se referment pour de bon, la maison respire un grand coup. Sa charpente alors craque. Elle va devoir se mettre en veille pendant de longs mois jusqu’à l’année suivante, à moins qu’elle plaise à une famille qui préfère le calme et la douceur du soleil.
Elle essaie de garder en elle, tous les parfums qui lui ont fait tant de bien pendant la saison estivale. Car ceux de l’hiver, elle ne les apprécie guère. Cette odeur de renfermée lui pique la gorge, et la poussière qui s’accumule sur les meubles l’a fait éternuer. Courageuse, elle ferme les yeux, et s’endort.

L’été est bien fini, même si la saison est encore là. Septembre se profile peu à peu et avec lui ses soirées raccourcies et plus fraîches.

 Las, au revoir août, à l’année prochaine, les vacances sont bien rangées.




samedi 3 août 2019

Le petit fantôme amoureux


Consigne pour ce texte : Un paragraphe en vers. Une romance. Présence de fantômes. Lieu, une librairie. Intégrer le mot  hexakosioïhexekontahexaphobie.

C’est à la petite et vieille librairie
Qu’un monsieur tout rabougri
Mais pourtant à la mine réjouie
Fermait toujours sa porte à midi.

C’est alors qu’il écoutait. Parfois ça prenait du temps. Mais aujourd’hui, un bruit inhabituel le surprit. Il ne reconnaissait pas ces petits soupirs qui peu à peu se transformaient en sanglots. Il chercha d’où pouvait bien venir ce bruit quand Arthur dégringola de l’étagère du haut.
— Elle pleure, il faut l’aider.
Le petit fantôme eut du mal à traîner son boulet qui ne le quittait pas et pesait comme un âne mort. Qu’est-ce qu’il en voulait à ce satané auteur qui lui faisait porter ce truc ultra lourd, et ça depuis belle lurette, depuis le début de son histoire exactement. Il aurait bien aimé être comme Oscar qui pouvait voler comme il voulait, mais apparemment l’auteur n’avait pas eu la même bonne idée, histoire d’époque peut-être.
Arthur était amoureux de la petite fantôme qui vivait dans le livre de la 3e étagère tout en bas de l’escalier. Il l’avait rencontrée par hasard, au détour d’une page, quand un enfant avait ouvert le livre par mégarde. Du haut de son étagère presque au plafond, il l’avait aperçue. Elle n’avait pas de boulet elle non plus et sa robe orange qui scintillait de mille feux lui faisait penser aux flammes dans la cheminée. D’ailleurs, il voulait lui dire qu’elle éveillait en lui plein de choses , qu’elle brillait dans son cœur. Il souhaitait lui murmurer qu’elle était la femme de ses rêves et qu’elle éclairait ses nuits. Oui, il avait vu que c’était écrit dans son livre, il pouvait le répéter parce que dans son histoire, le monsieur qui avait dit ça avait rendu très heureuse la dame.
Sauf que le temps qu’il descende avec sa boule accrochée à son pied, Oscar était arrivé avant lui et avait commencé à feuilleter les pages pour rencontrer l’objet de ses rêves. Orangette qu’elle s’appelait. Il ne s’était pas foulé l’auteur. Sans doute que c’était sa robe qui l’avait inspiré, à moins que ce soit le contraire.
— Pourquoi tu pleures ?
— C’est moi d’abord qui lui demande !
Arthur armé de sa chaîne finalement bien pratique la brandissait pour faire reculer Oscar.
— Ne vous chamaillez pas mes amis, les interrompit le vieux libraire. Je ferme ma boutique pour que vous puissiez vous évader un peu, n’en profitez pas pour vous battre. Que se passe-t-il ?
— C’est Arthur, il est amoureux, il est amoureux.
Oscar, un fantôme dans la fleur de l’âge volait en rond autour du lustre délabré, ramassant au passage toutes les toiles d’araignées.
— Pourquoi tu pleures ?
Arthur s’approchait de sa belle, qui, recroquevillée au fond de sa page, tremblait de trouille.
— J’ai peur !
— Ben pourquoi, tu ne risques pas grand-chose, l’histoire est écrite.
— J’aime pas la page 666.
Arthur qui voulait faire le fanfaron sourit :
— Ah tu souffres de hexakosio… hexakosioi…
— hexakosioïhexekontahexaphobie, souffla Oscar
Vexé le petit fantôme répondit :
— J’allais le dire, tu m’as coupé la parole.
— Vas-y alors, dis-le !
— Ce n’est pas bientôt fini tous les deux, rugit le vieux monsieur en brandissant sa canne. Encore un mot,  je vous renferme dans vos livres à tout jamais.
Orangette pleura de plus belle.
— Je veux sortir d’ici, je n’aime pas cette page, j’ai peur. Trop de 6, je veux sortir.
— C’est quoi ton histoire, demanda Arthur, intéressé.
— Je suis prisonnière, et je ne peux pas sortir de ma chambre. J’aurais bien aimé être comme Raiponce, avoir des longs cheveux, j’aurais pu passer par la fenêtre.
— C’est vrai qu’il t’a pas raté ton auteur, avec tes boucles frisées comme un mouton.
— Veux-tu te taire !
Arthur brandit à nouveau son boulet. Mais le libraire fatigué de ces disputes tendit sa canne et tous deux réintégrèrent leurs livres et les pages se fermèrent d’un coup sec en soulevant un nuage de poussière.
— Je vous avais prévenus. Je ne veux plus rien entendre.
Il saisit alors le livre d’Orangette et tourna les pages avec sa canne. La petite fantôme eut alors la joie de pouvoir s’échapper du volume.
Du haut de son étagère, Arthur, collé à sa couverture, regardait son amoureuse se déployer et voleter dans la librairie. Qu’elle était jolie et flamboyante et quel idiot, lui. Il avait l’air malin, scotché dans son livre. En plus, le boulet lui faisait mal. Quelle idée de se bagarrer avec Oscar, le voilà bien puni maintenant.
Orangette vint se poser sur le vieux secrétaire du libraire. Elle n’osait pas demander ce qui lui tenait tant à cœur.
— Quelle est ta requête ?
— Je vais devoir retourner dans mon livre ?
— Pourquoi l’histoire ne te plait pas ?
— J’aimerais bien aller avec Oscar.
— Mais je ne peux pas réécrire l’histoire, l’auteur ne serait pas content.
— Il est mort l’auteur !
Le vieux monsieur éclata de rire.
— Oui, mais ça ne change rien. Je ne peux pas faire ça !
— Personne ne s’en rendra compte !
Le libraire soupira et brandit sa canne. Orangette intégra alors le livre d’Arthur.

Le lendemain matin, un petit bonhomme demanda l’histoire de Merlin. 
Quand il eut le roman entre les mains, il regarda le libraire et sourit.
— C’est une nouvelle version ?
Le vieux monsieur maugréa une réponse.
— Un collector même !




jeudi 1 août 2019

Août papapaliapapa...



Merci à 3 cafés gourmands et Michel Delpech


« À nos souvenirs… »
« Pour un flirt avec toi… »
– Ohé du bateau ?
– Donne-moi ta main, et prends la mienne…
– Hey, tu m’écoutes ?
– Mais que veux-tu ? Je chante, je suis de très bonne humeur. Pour un flirt avec toi, je serais prêt à tout pour un simple rendez-vous…
– Ah oui ? Prêt aussi à m’écrire une histoire ?
– La la la la… Je pourrais tout quitter prêt à faire démodé…
– Abandonne donc ta chanson pour me féliciter de mon arrivée.
– Je ferais l’amoureux pour te câliner un peu… Je ferais des folies…
– Mais ce n’est pas possible. Je vais faire mon texte tout seul.
– La la la, un petit tour dans tes bras, au petit jour…
– Alors, je suis le 1er août, je m'installe. Juillet est parti. Il…
– Dieu que Marianne était jolie, quand elle marchait dans les rues de Paris…
– Mais tu me laisses écrire oui ? Je n’arrive pas à penser…
– Il n’y a pas si longtemps que l’on se battait pour elle… Du printemps des hirondelles…
– C’est l’été, pas de printemps, tu racontes n’importe quoi. Tu m’embrouilles. Donc, je disais, je suis le mois d’août et…
– En chantant à pleine voix, ça ira, toute la vie.
– Oui, ça ira, enfin si j’ai envie.
– Il était 5 heures du matin… j’avais mon fusil dans les mains, les chiens pressés marchaient devant dans les roseaux…
– Quoi ? c’est trop tôt 5 heures du matin, mon soleil brillait au bout des marécages…
– C’est moi qui chante août, fais ton histoire toi ! Je regardais le bleu du ciel et j’étais bien, je regardais passer les oies sauvages…
– Les oies sauvages ? Mais ce n’est pas la saison. Pendant mon mois…
– Tous ces oiseaux qui étaient si bien là-haut dans les nuages…
– Oui, j’en ai aussi des oiseaux dans mon ciel, c’est vrai.
– Oublié ce matin que tu es parisien, on se trompe de chemin et on a du chagrin, tu as peur du bonheur, acheter des tableaux, prendre des vaches en photos…
– Mais….
– Et si je monte au ciel, il y aura peut-être Joël ? Allez fais tes bagages…
– Oui pour les vacanciers, c’est vrai.
– On est les petits enfants de ce joli coin de France, le temps nous a gâtés…
– Oui justement, juillet a fait…
– J’ai la Corrèze en cathéter…
– Pas que, quand même, je suis partout…
– Palia palia… acceptez ma rengaine… on a les yeux qui brillent.
– C’est vrai, je vais faire de mon mieux.
– Viens rejoindre tes amis…
– Les repas de famille oui, les barbecues,
– On a des souvenirs en tête…
– Mais mon histoire n’a ni queue ni tête…
– La la la pailia papapaliapapapa… d’être avec vous ce soir….
– …. J’arrive, moi le mois d’août.
– Pour un flirt avec toi…
– Bon si tu veux, mais tu sais je ne dure que 31 jours.
– Ce n’était pas ma faute, si je me trompe de chemin… tu as peur du bonheur…….
Papapapaliapapa…….. Pour le meilleur et pour le pire… Bienvenue août, allez viens faire tes bagages…. papapapaliapapa…

samedi 6 juillet 2019

Diégo


Texte écrit avec les mots en rouge par ordre de proposition

Diego n’était pas aventureux. Elle était agaçante Paloma, jamais détendue. Elle courait toujours partout. Lui ce qu’il aimait, c’était le calme. Elle, c’était la tempête. Il parait que les contraires s’attirent. Pour le coup, il était d’accord avec cet adage. Ils n’avaient rien en commun. D’accord, elle était attendrissante avec son regard qui se la jouait œil de biche, surtout quand elle désirait quelque chose, mais quelle capricieuse. Il y a des fois, il l’enverrait promener à l’autre bout de la terre.
Elle avait débarqué dans sa vie, comme ça, un matin. Il l’avait trouvée devant sa porte. Elle était toute maigrichonne. C’est le voisin César qui lui avait dit que c’était une fille, parce que franchement, elle ne ressemblait à rien. Faut-il être bête quand même pour ne pas être fichu de reconnaître une fille d’un garçon. César s’était bien moqué de lui.
— Eh peuchère, t’es pas malin, le gonze. Elle t’a choisie. Il va te falloir faire avec.
Il l’avait regardé dans les yeux, elle n’avait pas bronché.
— Tu veux que je l’embarque chez moi ?
À ces mots, elle avait grondé. César avait éclaté de rire.
— Compris, la fille, je te laisse avec ton amoureux.
— Qu’est-ce que tu veux que j’en fasse ? Je vis tout seul, j’ai pas l’habitude de…
— Bé justement, toi le solitaire, ça va te changer la vie. Trouve-lui un nom d’abord…
— Et si elle était méchante ?
— Hé couillon, elle n’a pas l’air d’être une sanguinaire, ta protégée.
Diego réfléchit dans sa tête, parce qu’il est libre (😊) il se rappelait une chanson qu’il avait beaucoup aimée, et il l’avait même dansée avec celle qu’il n’avait jamais oubliée, mais qui lui avait brisé le cœur.
— Paloma, je vais l’appeler Paloma.
César avait hoché la tête et s’en était retourné chez lui. C’était il y a un an.

Sa vie avait complètement changé depuis qu’elle était entrée dans la sienne. Lui qui n’avait pas d’heures pour les repas, avec elle, il était bien obligé de se plier au rituel. Alors il avait pris le rythme. Lever, petit déjeuner pour lui qu’il partageait avec Paloma. Même si César lui disait que ce n’était pas une bonne idée, il avait rétorqué bourru :
— T’avais qu’à l’emmener chez toi !
— J’aurais bien voulu, couillon, mais elle te préférait.

Ce matin-là, elle ne le lâchait pas d’une semelle, se collant contre lui.
— Mais qu’est-ce que t’as à me tourner autour comme ça ? Je sais bien qu’il fait chaud. Tu veux qu’on aille prendre un bain dans la rivière ?
À voir comme elle se mit à sauter de joie, il comprit que c’était ce qu’elle désirait. Ils partirent donc ensemble. Il avait préparé un en-cas dans son sac à dos et de l’eau pour eux deux. Elle avançait devant lui, elle ne l’attendait jamais. C’est fou comme elle était indépendante. Il aimait ça finalement, il pouvait marcher à son pas.
— Alors Diego, c’est l’heure de la balade ?
César revenait toujours accompagné de son bâton sur lequel il s’appuyait.
— Profite du soleil, le vent va tourner, tu sens ?
— La source sulfureuse ? Ah, mon pauvre, moi qui avais envie d’y aller faire trempette.
— Vas-y mon gars, mais ne traîne pas, il va y avoir du grabuge avant ce soir.
— Le ciel est pourtant bleu.
— Pour ce que je t’en dis… fais à ta mode.
Il le planta là.
Paloma avait disparu. César l’ayant inquiété, il voulut faire demi-tour. Puis finalement, pensa que ce serait cruel de se priver elle et lui de la trempette promise. Il continua donc sa route en sifflotant. La source apparut devant lui, et Paloma l’attendait assise sagement.
— Ah te voilà toi ! Allons-y, tu en as tellement envie. Je pourrais ainsi reprendre figure humaine, parce qu’il fait vraiment chaud et je dois être rouge comme une pivoine.
Ce n’est pas dans cette source qu’il allait se rafraichir, mais ça lui ferait du bien. Elle n’était pas encore envahie par les touristes. Paloma s’en donnait à cœur joie. Elle sautait et l’arrosait à qui mieux mieux.
Soudain, elle stoppa net ses jeux et tourna la tête. Une jeune femme s’approchait, un panier de pique-nique accroché à son bras. Quand elle les aperçut, elle faillit faire demi-tour, mais Paloma sortit de l’eau et lui fit fête.
— Excusez là, elle est assez exubérante. Je vous présente Paloma.
— Moi, c’est Dora. Je ne veux pas vous déranger. Je peux m’installer ailleurs.
Diego ne sut pas pourquoi il proposa de partager son en-cas avec elle. Elle déplia alors une nappe à carreaux rouge et blanc sur l’herbe et déposa ce qu’elle avait apporté.
— Désirez-vous gouter mon eau pétillante que je produis moi-même ? J’y ai mis quelques gouttes de cassis. Elle est délicieuse.
César reprochait souvent à Diego qu’il était sauvage. Il décida de faire un effort et accepta.
— Vous habitez par ici ?
— Pas très loin, de l’autre côté du bois. Et vous ?
— Je suis dans le gite de…
— Ne me dites pas que vous êtes chez Fernand, grippe-sou et laid comme un pou, il va vous en faire voir de toutes les couleurs. C’est courageux de votre part de vivre à côté de lui. Vous êtes seule ?
Diego se surprenait lui-même. Il était bien téméraire de poser autant de questions et ça ne lui ressemblait pas du tout. Il s’excusa auprès de la jeune femme qui sourit.
— Je n’ai pas d’amoureux si c’était ce que vous souhaitiez savoir.
Il rougit jusqu’à la racine des cheveux et une forte chaleur l’envahit tout entier. Quel couillon ! comme dirait César. Il ne sortit plus un mot et la contempla à la dérobée. Paloma était assise près d’elle et la regardait avec curiosité. C’est vrai que la dénommée Dora était surprenante. Toute de noir vêtue, elle devait crever de chaud. Et son maquillage ? Diego n’en avait jamais vu autant sur les yeux. Elle lui faisait penser à la fille dans la série NCIS, gothique qu’on disait. Elle reprenait, indifférente à la fascination qu’elle exerçait sur l’homme en face d’elle.
— Alors vous jouez à l’aventurier en venant ici tout seul ? Pourtant, vous n’en avez pas l’air.
— Tu parles d’une aventure, je n’ai pas fait 2 kms. Je me promène régulièrement, pour faire trempette. Paloma adore ça.
— Il parait qu’elle a des vertus particulières cette eau. Peut-être que la douleur à ma jambe brisée s’atténuerait si j’y allais faire un tour.
— Pourquoi pas, bougonna-t-il, vous pouvez toujours essayer.
— N’hésitez pas à vous servir, il y a du pain frais, du pâté et du saucisson, faites-vous un sandwich.
Elle commença alors à se dévêtir.

— Eh bé mon gars, tu caches bien ton jeu. Sacré veinard, va !
Diego n’avait pas vu revenir César qui était à présent captif du corps nu de Dora.
— Arrête de la regarder, t’es pas bien, toi !
— Pourquoi c’est le fruit défendu ? Elle t’appartient ? Tu as déjà Paloma, tu peux bien partager un peu.
César lui fila une bourrade en riant.
— Je te fais marcher, ne fais pas la tête. N’empêche c’est un trésor que tu as dégoté, ne le laisse pas s’envoler.
— Vous venez prendre un bain avec moi ?
Diego se détourna et appela Paloma.
— Merci, nous allons rentrer.
César murmura à son oreille.
— Allez petit, sois un peu imaginatif. Tu vis seul dans ton coin perdu, c’est pas bon ça pour un jeune gars comme toi.
— Je ne suis plus tout jeune. La trentaine, ça commence à faire.
Qu’il était attendrissant ce Diego. César l’avait pris sous son aile au décès de ses parents. Il méritait d’être heureux.
Dora sortait de l’eau, se tordait les cheveux en un savant chignon. Son maquillage avait coulé. Elle s’enroula dans une serviette, nullement gênée par la présence des deux hommes.
— Alors vous avez aimé ma boisson ? Et vous avez grignoté un peu ?
Elle tendit la main à César et se présenta.
— On se connaît, je vous ai déjà vu sur le marché. Vous venez vendre vos volailles et vos légumes.
— Ah, mais c’est vous qui proposez vos pâtisseries et… mais oui votre limonade. Heureux de faire votre connaissance. Je pourrais me faire le messager de toute la population du village qui adore ce que vous fabriquez. Tu as déjà gouté toi, ce qu’elle vend ?
— Je ne vais jamais au marché, tu le sais bien.
— Ah j’oubliais. Vous avez devant vous l’inventeur du coin. Celui qui baille aux mésanges et…
— Je crois que vous voulez dire baille aux corneilles.
— Ah peut-être. Bref, il ne sort pratiquement pas de chez lui parce qu’il est toujours en recherche de ce qui va sauver le monde.
— Mais c’est merveilleux ça ! J’adore les gens qui ont des idées pour faire changer l’histoire. Vous m’inviterez chez vous pour que je puisse découvrir toutes vos inventions.
— Pas du tout. Il n’y a rien à voir.
Elle afficha aussitôt une mine boudeuse qui déclencha le rire de César.
— Allez Diego, regarde sa tête, elle est toute retournée la petiote. Tu devrais lui montrer ton Anémélectro… machin chose. Mais dis-lui toi, moi, c’est trop compliqué pour mon pauvre ciboulot.
Anémélectroreculpédalicoupeventombrosoparacloucycle.
— Whaou, c’est quoi ?
— Un vélo.
César éclata de rire. Diego vexé, se leva d’un bond et siffla Paloma qui s’était endormie sur la couverture.
— J’aimerais bien jouer à la globe-trotteuse avec, vous accepteriez ?
Diego était furieux.
— Ce n’est pas un jouet. Vous verrez un jour, je serais le meilleur. Je trouverais ce qui révolutionnera le monde et là vous direz « Il était pugnace le Diego ».
— Tu parles, tu refuses le combat, là. Dora ne peut même pas venir chez toi. Bravo la combativité.
Paloma se mit à aboyer contre César et Dora la félicita.
— C’est ça, faites vos rebelles, mais j’ai raison. Diego, devrait sortir un peu plus et ne pas s’enfermer à longueur de journée.

Le jeune homme partit sans se retourner, sa chienne sur les talons. César maugréa dans sa moustache :
— C’est ça, va-t-en, couillon, tu passes à côté de ta vie. Un jour tu appelleras à l’aide et peut-être qu’il sera trop tard. Mais c’est pas grave, tant que je vivrais, je veillerais sur toi, mon p’tit gars, comme je l’ai promis à ton père.


lundi 1 juillet 2019

Le blues de Juillet


— Tu es fou à lier, mon pauvre juin.
Juillet s’installait. Il était très en colère.
— Qu’ai-je fait encore ?
— Tu as fait un de ces dégâts, je n’avais jamais vu ça. Tu t’es surpassé.
— Ah tu parles de mes températures ? Même les vignes sont brûlées, tu t’en rends compte ? J’ai réussi ce tour de force, moi !
— Il n’y a vraiment pas de quoi être fier, crois-moi. Tu as marché sur mes plates-bandes.
— Tu es jaloux ? J’ai bien le droit moi aussi, d’avoir la chaleur sur les plages, de voir les enfants…et parlons-en de tes plates-bandes, elles sont un peu … grillées.
Juin riait. Il était fier de lui.
— Ne m’agace pas avec tes réflexions. Les enfants ? Rien du tout … Il faisait tellement chaud, qu’ils ne pouvaient pas sortir. Et ces pauvres petits vieux qui respiraient difficilement…et ces volets qui devaient rester fermés la journée entière, en plein mois de juin.
— Oui, Juin c’est moi. Mais tu exagères ! Ils avaient tout prévu. Des brumisateurs, de l’eau à volonté, et en plus… même le brevet des collèges a été repoussé, les gosses doivent être contents.
— Mais tu délires mon ami. Tu as réfléchi à tous ceux qui avaient révisé depuis des lustres et qui pensaient pouvoir partir tranquilles dès le 1er de MON mois.
— Ah c’est donc ça, tu es en colère, parce qu’ils ne sont pas sur TES plages ?
— Je ne suis pas en colère, je suis…
— En colère, je le vois bien, tu es tout morose ce matin.
— C’est de ta faute, il faut bien que je répare un peu les dégâts.
— Mais as-tu pensé à ceux qui partent aujourd’hui ou qui sont arrivés sous ta grisaille ?
— Au fait, à propos de grisaille. Peux-tu m’expliquer pourquoi une région a été épargnée de ta canicule ?
— Laquelle ?
— Fais ton intéressant. La Bretagne, ça ne te dit rien ?
— Ah ça c’est à cause du bonhomme en ciré jaune.
— Tu développes s’il te plait ?
— En fait… je le crains !
— Tu rigoles ?
— Il trouve toujours des expressions abracadabrantes qui me filent la chair de poule, du coup, dans sa région, je n’arrive jamais à faire pointer le soleil assez longtemps. Dès que je le chauffe un peu, hop il m’asticote et je deviens tout gris.
— Ah je comprends mieux pourquoi, mon Tour de France cette année ne passe pas par là, tu l’as vraiment énervé.
— Ne me mets pas tout sur le dos quand même ! Je m’en vais, je ne veux plus discuter avec toi de peur que je gronde encore et déclenche une de ces tempêtes de grêlons comme j’en ai le secret.
— Oui, les abricotiers s’en souviennent. File, que je ne te revois plus avant l’année prochaine.

Vous comprenez pourquoi Juillet commence mal… Il a le blues. Il essaie de réparer et comme il bougonne, il est un peu gris, il est un peu frais. Il va faire pourtant son possible pour que les juillettistes qui le préfèrent ne changent pas d’avis. La concurrence est rude avec son pote Août.
— Pourvu que je ne déclenche pas la colère des cirés jaunes… Mais qui est le bonhomme dont il a si peur… Je vais aller y faire un tour moi et leur filer un coup de chaud, histoire de ne pas faire de jaloux. Alors on dit quoi ?

— Bienvenue Juillet !
— Quand même !